Entre les coûts qui explosent, les réglementations et la transition écologique, les entrepôts logistiques font face à un nouveau défi : l’énergie. Ce qui a longtemps été une simple charge dans les frais de fonctionnement devient désormais un point d’attention à part entière. Celle-ci s’invite dorénavant dans le monitoring des entreprises. L’énergie devient un KPI au même titre que le taux d’occupation de l’entrepôt, la rotation ou la disponibilité du stock, la précision des commandes ou encore le taux de livraison au premier essai. Ce nouvel indicateur permet de poser des réflexions et des actions concrètes visant à transformer les entrepôts en des structures plus sobres et agiles énergétiquement.
Les coûts de l’énergie sont désormais des indicateurs suivis régulièrement limiter l’impact sur la rentabilité.
Les KPI en logistique
Le secret d’une entreprise logistique performante : un suivi et une analyse des données. Les KPI ou indicateurs de performance font partie intégrante du fonctionnement des entrepôts. Ceux-ci se veulent mesurables pour évaluer la performance d’un processus ou les coûts associés. Tout est suivi et monitoré pour transformer ces données en décisions opérationnelles pertinentes à court, moyen ou plus long terme.
L’automatisation et la digitalisation des entrepôts logistiques facilitent cette récolte et le suivi des informations. Suivant le post, les KPI aident à optimiser un processus, réduire les dépenses et rendre sa plateforme performante.
Quelques KPI utiles en logistiques :
- Order cycle time ou le délai de traitement des commandes
- Order Accuracy Rate ou le taux de précision des commandes
- Taux d’occupation de l’espace de l’entrepôt
- Taux de casse ou de perte
- Taux de rotation des stocks
- Taux de surstock ou de rupture de stock
- Coût et temps de livraison
- Taux de livraison au premier essai
- Coût par commande traitée
…
Les KPI sont nombreux en logistique mais depuis peu de temps, un nouvel indicateur prend la première place sur les radars : l’énergie.
Pourquoi l’énergie est-elle un nouveau KPI ?
L’électricité, le gaz ou le fioul ont longtemps été considérés comme de simples charges dans le frais de fonctionnement. Depuis quelques années, ils font intégralement partie des données monitorées au sein de entreprises. La première raison : l’explosion des coûts. En Europe, l’électricité industrielle a subi une hausse massive, +38% entre 2019 et 2022. Les causes : la pandémie du Covid 19, la guerre en Ukraine et récemment le conflit au Moyen-Orient. D’après une étude de l’ADEME, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, la consommation énergétique moyenne d’un entrepôt est de 135kWh/m2/an en faisant l’un des postes les plus lourds à supporter. Il faut également ajouter à cela la fin de mécanisme de protection comme l’ARENH, remplacée par le VNU.
La pression des coûts n’est pas le seul point de suivi des données concernant l’énergie. Les exigences réglementaires et environnementales entrent aussi en jeu. Le décret tertiaire oblige les bâtiments de plus de 1000 m2 à réduire leur consommation de 40% d’ici 2030, sous peine de sanctions financières et commerciales. La certification ISO 11 000 ou le RSE impose aussi une vision plus écologique du fonctionnement d’une entreprise. Une triple pression poussant les entrepôts logistiques à placer le KPI énergie au premier plan.
Les indicateurs clé de performance énergétique :
- La consommation énergétique globale mesurée en kWh/m2/an
- Le coût énergétique par unité logistique : l’énergie consommée par palette ou colis expédié
- Le taux d’autoconsommation : l’énergie produite sur site
Les actions concrètes pour limiter l’impact des coûts
Pour vous aider à redresser vos KPI, on vous a listé plusieurs leviers d’actions énergétiques permettant d’améliorer et optimiser la consommation d’un entrepôt logistique.
| Poste de consommation | Action concrète |
| Éclairage | Utilisation du LED et gestion automatisée par des capteurs de présence |
| Chauffage/climatisation | Amélioration de l’isolation thermique, recours au « cool roof » de la peinture blanche réfléchissante sur le toit, installation de pompes à chaleur, sectorisation de l’entrepôt avec sas isothermes. |
| Ventilation | Systèmes de ventilation programmés. |
| Equipement | Planification intelligente de la recharge de batteries pour éviter les pics de consommation. Opter pour des équipements moins énergivores. |
| Électricité | Installation de panneaux photovoltaïques. |
| Eau | Récupération de l’eau de pluie pour l’arrosage ou les sanitaires. |
Le suivi des KPI permettent d’adapter les différents postes en fonction des besoins et d’établir un plan d’investissement visant à rendre progressivement l’entrepôt plus sobre et agile énergétiquement.
Conclusion
Le coût de l’énergie s’impose désormais comme un KPI essentiel, au même titre que les autres indicateurs de performance comme la productivité ou la qualité. L’électricité, le gaz ou le fioul ne sont plus des simples charges pour l’entreprise. Les prix fluctuant du marché enjoignent un monitoring régulier pour garantir la rentabilité. S’ajoutent à cela les réglementations et exigences environnementales visant à réduire l’empreinte carbone. Face aux pressions économiques, réglementaires et écologiques, il est impératif de suivre les données pour prendre des décisions opérationnelles stratégiques et mener des actions concrètes sur le terrain. Aujourd’hui, plus que jamais, l’entrepôt logistique tend vers l’autonomie énergétique pour moins subir les fluctuations extérieures.
experts