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Le recyclage chimique du plastique, bonne ou mauvaise idée ?

Publié le : 14/09/2022 09:48:57 Catégories : Economie - Ecologie , News

Le recyclage chimique du plastique, bonne ou mauvaise idée ?

Avec la fin du plastique à usage unique, la question de son recyclage s’impose comme une priorité. Mais quid des procédés de recyclage chimique des matières plastiques de plus en plus utilisés aujourd’hui en France pour atteindre l’objectif des 100% plastiques recyclés .

Le contexte réglementaire

Les industriels français se retrouvent sous le feu croisé de 3 directives :

  1. La loi anti-gaspillage et économie circulaire de 2020 qui prévoit de tendre vers 100 % de plastique recyclé à l’horizon 2025.

  2. La loi Climat et résilience qui interdit au 1er janvier 2025 les plastiques non recyclables. 

  3. La directive européenne SUP (single-use plastics, plastiques à usage unique) qui oblige aussi certains produits, comme les bouteilles d’eau (en polyéthylène téréphtalate, PET), à intégrer 25 % de plastique recyclé.

Une accélération qui laisse la France, comme d’autres pays à la traine, préférant trop souvent encore l’incinération productrice d’énergie ou l’enfouissement à défaut d’une revalorisation adéquate. Les procédés mécaniques permettent en effet de produire de nouveaux plastiques mais ne sont pas encore optimisés pour les plastiques fins, dégradant leurs propriétés mécaniques à chaque recyclage. Par ailleurs, ils ne peuvent pas non plus gérer les plastiques colorés ou les multicouches. Selon CITEO, l’entreprise spécialisée dans le recyclage des emballages ménagers, seuls 28% des déchets plastiques étaient recyclés en France en 2020 ! La route vers le 100 % est donc encore longue… ouvrant au passage un nouveau marché.

Les acteurs et actions du recyclage chimique du plastique

Le 17 janvier 2022, Emmanuel Macron annonce en grande pompe l’arrivée en France d’Eastman, et avec elle la plus grande plateforme européenne de recyclage plastique, qui utilisera notamment le recyclage chimique. Comme Loop Industries en Normandie, Doos dans le Loiret, ou encore les grands de la pétrochimie comme TotalEnergies en Ile de France, Exxon en Seine Maritime... 

Le recyclage chimique du plastique permet en effet  de séparer par réaction chimique tous les composés de la fibre plastique, un processus nommé « dépolymérisation ». En retirant les impuretés, on obtient alors des monomères de qualité quasi vierge, que l’on peut réassocier à souhait par la suite. Pour ce faire, ces entreprises utilisent essentiellement des techniques de : 

  • dissolution par fortes chaleurs 

  • gazéification

  • réactions chimiques

pour transformer les déchets.

La promesse du recyclage chimique est de pouvoir compléter l’offre de recyclage du plastique. Le recyclage mécanique s’avère en effet souvent exigeant en termes de tri. Et diminue la qualité des matériaux à chaque cycle. Alors que le recyclage chimique permet de revaloriser la quasi-totalité du produit, là où les procédés mécaniques se limitent souvent à 60 ou 80% de la matière de base.  

Les détracteurs du recyclage chimique du plastique

Poussés par les réglementations, le recyclage chimique connaît un réel essor. Mais ces techniques sont pointées par certains pour leur consommation énergivore en énergie. D’autres dénoncent l’utilisation de solutions chimiques nocives pour l’environnement, des substances polluantes pour l’atmosphère. Ce à quoi les opérateurs rétorquent que les produits sont utilisés « dans des unités en boucles fermées », c’est-à-dire confinées. Le bon sens induit de rester évidemment vigilant quant aux effets de ces nouvelles techniques de recyclage. Et de les analyser.

Quid de l’éco-responsabilité dans tout cela

En investissant dans le recyclage, le gouvernement, et les acteurs professionnels, ne prennent-ils pas le problème à l’envers ? Ne faut-il pas veiller d’abord à réduire, voire essayer de réutiliser, ses consommables comme l’indique le Code de l’environnement ? Et ainsi respecter la hiérarchie indiquée pour traiter les déchets : prévoir, réutiliser, recycler et puis revaloriser avant d’éliminer. 

Pourquoi ne pas investir également dans des filières de réemploi ? Voir inciter les professionnels en amont à privilégier des techniques permettant de réduire leurs déchets en aval ? Comme le propose si simplement Rubafilm avec son film étiré, 100% français ?

La solution de demain

Le recyclage chimique reste un marché émergent, avec un modèle économique à définir !

Vu le chemin à parcourir pour atteindre, en quelques années seulement, les 100% de plastique recyclé, il serait judicieux de ne pas opposer les techniques. Au contraire, il faudra sans doute les conjuguer et les coordonner autour d’atouts et rentabilités industrielles.  A suivre…

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